Du positionnement à l’identité visuelle, construire une marque que l’on peut porter, transmettre et faire vivre.
Une marque peut avoir beaucoup de matière et manquer malgré tout d’un centre de gravité.
Lorsque Wafa est arrivée chez Plumétika, elle avait une intuition forte : accompagner la bifurcation écologique et sociale des organisations autrement, en articulant rigueur, coopération et attention au vivant.
Autour d’elle, cinq autres professionnel·les contribuaient au projet avec leurs expertises et leurs regards. Cette richesse était une force. Elle créait aussi une difficulté : comment faire émerger une marque commune sans additionner six voix, six parcours et les mêmes mots que l’on retrouve déjà partout dans l’univers de la RSE ?
Il fallait construire une direction assez claire pour être comprise, appropriée et transmise.
Pas seulement trouver un nom ou dessiner un logo.
Je ne “me vends” plus moi, je porte et je vends Solycème.
Wafa, fondatrice de Solycème - La Coop du Vivant
Le projet en bref
Client : Solycème - La Coop du Vivant, anciennement Coop DDO
Fondatrice : Wafa
Secteur : conseil en transition écologique et sociale
Mission : stratégie de marque, naming, récit, identité visuelle, système graphique et feuille de directives
Durée : mars à juillet 2025
Transformation recherchée : passer d’une intuition riche, portée par plusieurs expertises, à une marque commune capable de donner une direction au collectif et d’être utilisée dans la prospection comme dans la communication.
Le point de départ : une intuition forte, mais pas encore de marque
À l’origine, le projet s’appelait Coop DDO, un nom de travail hérité du Master Développement Durable et Organisations de Paris-Dauphine, où plusieurs membres du collectif s’étaient rencontrés.
Le fond existait déjà : des convictions, des expertises solides, une culture de la coopération et une volonté de contribuer à la transformation des organisations.
Mais cette matière restait difficile à organiser.
Wafa le formulera ensuite très simplement :
Je partais réellement de zéro, avec une intuition forte mais sans structure claire ni identité posée.
Wafa
Avant le travail de marque
- un nom de travail qui racontait l’origine du projet, pas encore son territoire ;
- plusieurs expertises à relier dans un même récit ;
- un vocabulaire proche de celui de nombreux acteurs de la transition ;
- aucune identité visuelle commune ;
- peu de repères pour décider quoi dire, quoi montrer et comment présenter l’activité.
L’enjeu n’était donc pas de rendre le projet simplement plus visible.
Il fallait choisir ce qui devait devenir reconnaissable.
Une stratégie de marque RSE qui ne repose pas sur des mots génériques
Le secteur de la transition écologique possède déjà ses codes : verts rassurants, bleus institutionnels, feuilles, racines, globe terrestre, mais aussi un vocabulaire abondamment partagé autour de l’impact, de la résilience, de la transformation ou de la responsabilité.
Ces mots ne sont pas faux. Mais ils ne suffisent pas à construire une différence.
L’analyse du marché, le questionnaire préparatoire et l’atelier stratégique ont donc servi à trier la matière avant de chercher une forme.
Une tension est progressivement apparue : Solycème ne voulait ni imposer la transformation de l’extérieur, ni rester dans une approche collective chaleureuse mais difficile à saisir.
La position s’est structurée autour d’une autre manière d’accompagner le changement : créer les conditions pour qu’il soit compris, approprié et poursuivi par l’organisation elle-même.
Trois forces ont organisé le récit :
- la coopération, parce qu’une transformation durable ne se décrète pas seul,
- l’enthousiasme lucide, pour tenir ensemble envie d’agir et conscience des limites,
- la robustesse, pour ne pas faire reposer l’accompagnement sur de simples intentions.
Le vivant cessait alors d’être un thème graphique. Il devenait le principe qui reliait la posture, le récit et les choix de design.
Un socle commun qui continue de guider le collectif
Wafa ne décrit pas ce travail comme un document terminé puis rangé.
Le travail de stratégie de marque a été particulièrement structurant : j’y reviens encore régulièrement. Les fondations sont solides, claires, et offrent un socle commun qui aligne tout le monde.
C’est un indicateur important : la stratégie n’a pas seulement servi à produire l’identité visuelle. Elle continue d’être utilisée comme critère de décision.
Nommer le territoire : de Coop DDO à Solycème
Coop DDO racontait l’histoire du groupe. Il ne disait pas encore ce que la marque voulait faire exister.
La recherche de naming est donc partie du territoire défini en amont : le lien, la coopération, la bifurcation, la robustesse et les réseaux du vivant.
Plusieurs pistes ont été explorées avant d’arriver à Solycème.
Le nom associe deux imaginaires :
- le soleil, pour la lumière et l’énergie ;
- le mycélium, pour le réseau invisible qui relie, nourrit et fait circuler.
Il ouvre ainsi un territoire vivant sans enfermer la marque dans un vocabulaire technique ou dans les symboles écologiques les plus attendus.
Le nom s’accompagne d’une signature, La Coop du Vivant, et d’un claim : Semons de nouvelles façons d’agir.
Un nom adopté par tout le collectif
Le choix n’est pas seulement cohérent sur le papier. Il a été approprié par les personnes qui devaient le porter.
Le nom sonne juste, il est puissant, et surtout il a été immédiatement adopté par l’ensemble des membres du collectif.
Wafa
Pour un naming de marque, cette appropriation est une preuve plus intéressante que le simple fait de trouver le nom séduisant.
Construire une identité visuelle qui ne “fait” pas simplement nature
Une fois la position et le nom posés, le travail d’identité visuelle pouvait commencer.
La question n’était pas : à quoi ressemble une marque engagée ?
Elle était plutôt : à quoi doit ressembler Solycème pour que sa manière de penser le vivant soit perceptible ?
Il fallait donc éviter la traduction littérale : la feuille, la racine, le vert réflexe, le pictogramme écologique.
Un logotype pensé comme un système
Le mot Solycème a été travaillé sur mesure. Les courbes et les liaisons entre certaines lettres évoquent la continuité, l’interconnexion et la croissance sans ajouter un symbole naturaliste à côté du nom.
Le logo principal a été décliné pour différents usages afin de permettre à la marque de rester reconnaissable dans des formats variés.
Une palette qui déplace les codes du secteur
Deux directions ont été explorées.
L’une restait proche des bleus et verts attendus dans l’univers de la transition. L’autre associait auburn terreux, brun profond, bleus grisés, jaune moutarde, ivoire et vanille.
C’est cette seconde direction qui a été retenue.
La couleur n’a pas été traitée comme un simple nuancier d’ambiance. Les usages, hiérarchies et contrastes ont été vérifiés pour préserver la lisibilité, avec une attention portée aux niveaux WCAG AA et AAA.
Des illustrations transformées en scènes narratives
Le vivant ne devait pas apparaître sous la forme d’un symbole isolé.
Les illustrations ont donc été conçues comme un vocabulaire capable de se combiner : mycélium, fougère, grenade, tortue, zèbre, grenouille, fourmi, figures humaines.
C’est leur mise en relation qui construit le sens.
Elles peuvent former des scènes pour une présentation, une conférence, un fond de visioconférence ou un support imprimé. L’objectif n’était pas de produire une collection décorative, mais une grammaire visuelle suffisamment souple pour faire vivre le territoire de marque.
Un univers distinctif, utilisé au quotidien
Wafa constate elle-même l’effet de cette direction visuelle :
D’un point de vue visuel, le choix des couleurs et de l’univers graphique nous distingue très nettement de nos concurrents.
Elle mentionne également des retours positifs reçus sur le logo, l’ambiance et les illustrations, ainsi que sur le fond d’écran Solycème qu’elle utilise pendant ses visioconférences.
L’identité n’est donc pas seulement validée en présentation. Elle est utilisée et provoque des réactions dans les situations réelles de la marque.
Faire une marque transmissible, pas dépendante de sa designer
Une identité visuelle devient réellement utile lorsqu’elle peut quitter les mains de celle qui l’a conçue.
Le projet s’est donc prolongé par une feuille de directives : versions du logo, principes typographiques, palette, contrastes, illustrations et repères d’application.
L’objectif était que Wafa et les personnes qui contribuent à Solycème comprennent la logique du système et puissent continuer à le faire vivre avec cohérence.
C’est aussi ce qui distingue une identité visuelle d’une simple collection de livrables : elle donne des critères pour décider ensuite.
Ce que l’usage a confirmé, et ce qu’il a nuancé
L’usage d’une identité permet aussi de préciser les besoins au fil du développement de la marque.
Au moment de sa conception, le choix s’est porté sur un ensemble resserré d’éléments. Le monogramme « ly » a été pensé pour les réseaux sociaux, en complément du logotype principal.
Avec le recul, Wafa privilégie les formes qui rendent le nom Solycème immédiatement identifiable. Pour une marque encore jeune, ce retour souligne l’importance de rendre son nom visible dans les premiers points de contact.
Ces retours d’usage donnent des repères pour faire évoluer les applications de l’identité, tout en conservant la cohérence du système.
Avant, après, preuve : qu’est-ce qui a réellement changé ?
| Avant | Après | Comment le sait-on ? |
|---|---|---|
| Une intuition forte, mais peu de structure commune | Une stratégie et des repères auxquels revenir | Wafa dit continuer à utiliser le travail stratégique et le décrit comme un socle qui aligne le collectif. |
| Un nom de travail, Coop DDO | Un territoire nommé : Solycème | Le nom a été immédiatement adopté par l’ensemble des membres du collectif. |
| Aucune identité visuelle commune | Un système graphique reconnaissable et utilisable | La marque reçoit des retours positifs sur son logo, ses illustrations et son univers ; le fond de visio est réellement utilisé. |
| Wafa devait encore porter directement la vente de son expertise | Elle prospecte en portant une marque commune | Elle dit se sentir pleinement en confiance pour prospecter et précise que la prospection a bien démarré. |
Le résultat n’est pas seulement ce que l’on voit
Le changement le plus intéressant n’est finalement ni la palette, ni le logo, ni même le nom pris séparément.
C’est ce que l’ensemble permet à Wafa de faire différemment.
Aujourd’hui, je me sens pleinement en confiance pour prospecter. Prospection qui a bien démarré d’ailleurs ! Je ne « me vends » plus moi, je porte et je vends Solycème.
Wafa, fondatrice de Solycème - La Coop du Vivant
Cette phrase dit mieux que n’importe quel avant/après graphique ce que peut produire un travail de stratégie de marque : une direction devient suffisamment claire pour être portée.
Ce que ce projet dit de la méthode Plumétika
Solycème illustre une séquence que je retrouve aujourd’hui au cœur de mon approche.
Trier la matière → observer la cible et le marché → choisir les partis pris → vérifier ce qui les rend crédibles → fixer la position → hiérarchiser le récit → traduire cette direction dans un système visuel.
Le design n’arrive donc pas pour embellir une idée encore floue.
Il intervient lorsque les choix sont assez clairs pour prendre forme.
Pour Solycème, cela signifiait construire un fil continu entre le vivant défendu par la marque, sa manière d’accompagner les organisations, son nom, son récit, ses couleurs et ses scènes narratives.
Chaque décision devait pouvoir répondre à la même question :
Pourquoi cela appartient-il à Solycème plutôt qu’à n’importe quelle autre marque de son secteur ?


